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samedi 1 février 2014

L'enfant parfait


Extrait du livre

On parle régulièrement du deuil de l'enfant parfait ou rêvé. Le deuil de cet enfant qui était parfait dans notre esprit avant sa venue au monde.

Pourtant, il n'y a pas d'enfants parfaits. Ils n'existent pas. Pas plus que la mère parfaite, le père parfait, le conjoint parfait, la situation parfaite, la vie parfaite.

Que seraient nos enfants sans leur différence? Parfaits? Certainement pas! 

L'enfant de la voisine a des difficultés d'apprentissages, sans handicap. L'enfant d'une amie a un retard de langage. La petite fille d'à côté fait beaucoup d'angoisse. Le petit d'à côté fait des crises de colères monstre et a de la difficulté à gérer ses émotions.

Nos enfants ne sont pas parfaits.

Je connais des enfants plus faciles, mais pas parfaits. Comme tous les parents, il m'arrive de me dire que je préfère mes petits problèmes à ceux des autres. Comme tous les parents, il m'arrive de penser que c'est plus facile ailleurs. On a nos hauts et nos bas.

Au fond de nous on le sait, nos enfants sont parfaits dans leur imperfection. Cette imperfection même qui nous force à nous accomplir en tant que parents imparfaits.

Nos enfants sont parfaits.

Ils nous apprennent la vie à leur façon. Ils nous obligent à porter un regard différent sur le monde. Nos enfants sont parfaits en tant qu'enfants imparfaits.

jeudi 30 janvier 2014

Lorsqu'on croyait que tout était normal

C'est un peu comme une blessure soudaine. On ne la voit pas, on ne la sent pas, on ne sait même pas qu'elle est là et pourtant... Elle saignait, on ne ressentait seulement pas encore la douleur qui l'accompagnait, jusqu'à ce qu'un moment, on la voit.

Là, ça fait mal. C'est comme ça.

Tout était normal, je n'étais pas "bien", je me sentais mal, coupable, j'étais la cause d'un peu tout, de la grande qui n'écoutait pas, de Tommy qui ne parlait pas, de la petite qui pleurait beaucoup. C'était juste "normal" même si ça faisait mal par moment, je ne le savais pas vraiment que c'était ça.

Jusqu'au jour où c'est inévitable, on doit faire face à la différence, reconnaitre que ce croyait "normal', temporaire, passager, ne l'était peut-être pas.

C'est alors un mélange étrange d'émotions. On se sent bien, on se sent mal, on est triste. Tout est possible et c'est parfois même un cocktail explosif. Nous ne sommes pas coupables, mais si ce n'est pas notre faute, alors ce n'est peut-être pas passager. Si ce n'est pas passager, alors qu'est-ce qui nous attend dans le futur? Qu'est-ce qui attend notre enfant? Si ce n'est pas notre faute alors comment trouverons-nous la solution?

Est-ce qu'on comprend tout ça au moment où la différence nous frappe en place visage? Non.



Extrait du livre, 2008

C’est fou ce que ma vie peut avoir changé en si peu de temps. Hier, j’étais maman d’enfants tout à faire comme les autres. Aujourd’hui,je suis maman d’enfants qu’on qualifie « à besoins particuliers ». Je réalise soudainement que mes tâches quotidiennes sont lourdes alors que j’étais convaincue que c’était normal et passager. C’est la connaissance qui rend mes tâches plus lourdes aujourd’hui. Maintenant je sais. Je sais que nos enfants ont des particularités dans leur développement, je commence à mettre des mots, des termes précis sur leurs retards. Par le fait même, je prends conscience del ’écart qu’ils ont avec les autres enfants. Pourquoi personne ne me l’a dit?

Pourtant, malgré tous les défis depuis la naissance de notre grande fille, je ne me suis jamais plainte de mon sort. J’ai des enfants formidables. Je m’accroche aux moments de bonheur, à l’espoir, et aux demains plus faciles. Je réalise toutefois que ce demain est peut-être plus loin et plus difficile que je croyais. Ce qui était passager ne l’est plus. Je n’ai pas perdu espoir de jours meilleurs mais ces jours me semble éloignés. Je comprends maintenant tous les défis qui nous attendent.

Les yeux ouverts, j’espère aider nos enfants et savourer encore plus chaque réussite qui viendra.

jeudi 23 janvier 2014

Parfois

Court extrait 


Parfois.

Parfois... c'est mieux que souvent ou jamais. C'est l'entre-deux, c'est réaliste.


Parfois... c'est honnête. 


Parfois... oui, nous avons envie d’affirmer que la vie est injuste. Pas qu'elle est juste ou pas juste comparée aux autres, mais que parfois... c'est injuste envers nous. 

Parfois nous avons envie de nous plaindre.


Parfois nous nous sentons forts. Parfois faibles. 


Parfois nous rions. Parfois nous pleurons. 


Parfois nous rêvons d’une pause.

Parfois nous voudrions mettre de côté les batailles.

Parfois nous essayons d’imaginer ce que ce serait autrement.

Parfois, il n’y a pas de mots justes...

[...] 

dimanche 19 janvier 2014

Vivre avec un enfant différent

L’enfant différent est un gros défi pour son entourage. Le défi n’est pas l’enfant en soi, ni ses comportements, les crises ou autres difficultés à gérer. Le défi c’est soi-même.

Vivre avec un enfant différent demande d’avoir un tout autre regard sur tout ce qu’on croyait connaitre. Tout ce qui était naturel, tout ce qui est inné, comme tout le monde. Soudainement, sans avertissement, on doit avoir une vision différente et c’est là tout le défi de l’enfant différent. Sa différence nous force à changer. Sa différence nous oblige à travailler sur nous-mêmes afin de s’adapter à un tout nouveau monde.

Ce travail, c’est le travail d’une vie… il y aura des moments plus faciles et d’autres moins.

Pour commencer il faut se comprendre. Comprendre toutes nos réactions face à notre enfant, son diagnostic ou « possible diagnostic ». C’est la première étape pour se diriger vers l’acceptation, car ce n’est pas vraiment d’accepter la différence de l’enfant plus que de s’accepter nous-mêmes et nos limites face à l’enfant différent. Suite à l’acceptation il y a la déculpabilisation. Pardonner nos erreurs, nos limites en tant qu’humain.

Tout ce travail permet de mieux vivre la différence de l’enfant, d’accepter parfois l’incompréhension des gens et surtout, ce travail nous permet de réapprendre à vivre.